Les Business Angels (BA) sont capables de se faire très vite une idée sur la qualité des dossiers qu’on leur présente …

Franco-bruxellois, Philippe Porcel vient de rejoindre l’équipe de coachs du Start Lab et il nous confie son top 5 deal killers. Voici ce qui le fait se « dérober » … devant le projet qui cherche des fonds.

N°1 : Ne pas avoir d’équipe

Pour lever des fonds, il faut une équipe solide en termes de compétences et de complémentarité. Un BA mise de l’argent sur les porteurs de projet avant tout. C’est l’équipe qui va réaliser le projet, déployer la stratégie et essayer de le mener à bien. Si le futur patron n’a pas les compétences nécessaires autour de lui, pour réaliser son projet, les BA n’auront pas confiance en lui et n’investiront pas. Une bonne équipe, aux yeux des BA est une équipe soudée et surtout complémentaire. Avoir signé un pacte d’associés peut aussi rassurer les BA (même s’ils demanderont d’en signer ), car c’est une preuve que l’équipe est sérieuse: le futur patron a pensé aux risques liés à des conflits entre les associés, et les a minimisés via la signature d’un pacte.

N°2 : Ne pas soigner son « Elevator Pitch »

L’elevator pitch résume en 15 lignes le projet, et explique pourquoi il y a besoin de financement. C’est un document très important car c’est la première chose que va lire le BA . Si l’elevator pitch ne l’intéresse pas, alors il ne lira même pas l’executive summary et le business plan non plus, il passera au dossier suivant. Cela me rappelle un peu la règle des 4×20 ….

N°3 : Présenter un business plan bâclé

Le business plan est la pièce maîtresse pour pouvoir lever des fonds. C’est ce document qui va être envoyé aux BA.  Un bon business plan doit être précis et argumenté. Il doit être synthétique et bien présenter le besoin de financement. Il doit savoir manipuler l’ordre et le chaos, le concret et le projeté, le risque et la maîtrise du risque …

N°4 : Faire le show

Il n’est pas utile d’en faire trop devant un BA . Utiliser sans cesse des superlatifs et dire que le projet présenté est unique, génial, et cartonnera ne marchera pas avec tout investisseur en général. Cela l’agacera… comme les hyper-vendeurs qui fatiguent…

N°5 : Ne pas être assez précis

Dans le Business Plan et devant un BA, il faut être le plus précis possible. Lors des premiers rendez-vous,  des questions seront posées et les réponses doivent être les plus précises et argumentées possibles (comme celle du business plan !).

Il faut avoir tous les chiffres des marchés ciblés en tête. C’est pourquoi avoir réalisé une étude de marché est essentiel ainsi que la maîtrise d’outils comme le Design Thinking, le Business Model Canvas, les techniques de Value-Map et celle des Market Sizing.

Plus ces techniques sont comprises, plus il est simple de répondre aux questions des BA. Ils ne cherchent pas à vous tendre des pièges mais juste à comprendre votre projet et voir si vous êtes bien à la tête de l’équipe pour le porter.

Philippe Porcel, Serial Entrepreneur & Business Angel

Pendant 20 ans, Philippe a développé une PME spécialisée en en maintenance électromécanique, électronique et éolienne, pour la céder en 2015. Installé à Bruxelles depuis 1 an, il coache et investit dans des start-ups. En 2016, il a également créé la French Epicerie.